Article original de James Howard Kunstler, publié le 19 Juin 2017 sur le site kunstler.com
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr
Il ne s’en vante pas si c’est vrai. J’ai déclaré à maintes
reprises sur ce blog pendant des années que le gouvernement fédéral
deviendrait plus impuissant, plus incompétent et plus inefficace une
fois The Long Emergency lancée. Et nous y sommes maintenant, ainsi passe l’histoire.
Le processus a été bien avancé depuis le début du siècle. Même les
tentatives visant à élargir son champ d’application et sa portée – comme
les ajouts post 9-11 dont Dieu-seul-sait-combien il y a de nouveaux
services de renseignement – n’ont produit qu’un épique bordel en gros
avec un vaste ensemble de missions à buts croisés qui menace la
légitimité existentielle du gouvernement fédéral.
Après près d’un an d’enquête, le FBI, la CIA, la NSA, la DIA, la DHS, etc. n’ont pas pu faire fuiter un fait substantiel au sujet de la « collusion russe »
avec la campagne électorale de Trump. Et, compte tenu du torrent de
fuites sur toutes sortes d’autres questions collatérales au cours de
cette même période, il semble impossible de conclure qu’il y a quelque
chose de tangible hors d’une hystérie complètement fabriquée.
Maintenant, on pourrait imaginer que cette communauté du renseignement aurait pu fabriquer
des faits bien emballés plutôt que de simples vagues d’hystérie, mais
c’est là que l’incompétence et l’impuissance entrent en jeu. Ils n’ont
jamais proposé quoi que ce soit d’autre que Flynn et Sessions ayant eu
des conversations avec l’ambassadeur de Russie – comme si les
ambassadeurs n’étaient pas là pour discuter avec nos fonctionnaires.
Vous penseriez qu’avec tous les graphiques informatiques disponibles ces
jours-ci, ils pourraient concocter un long métrage cinématographique
sur Donald Trump faisant une «bonne affaire » pour échanger le
Kansas contre la Lituanie, ou Jared Kushner portant Vladimir Poutine sur
ses épaules au Kremlin. Mais tout ce que nous avons vraiment obtenu, a
été un paquet de courriels du Comité national démocrate et de John
Podesta pour la campagne de Clinton regorgeant de gentillesses montrant
qu’ils ont « baisé » Bernie Sanders – et cela reflète très bien comment ces gens ont évolué pour devenir la soi-disant « Résistance ».
L’effet net de tout ce bruit et de cette fureur est un gouvernement
tellement paralysé qu’il ne peut même pas adopter une mauvaise
législation ou exécuter ses affaires courantes. Cela pourrait
théoriquement être une bonne chose, sauf que ce que l’on voit, ce sont
des départements administratifs se débrouillant tout seuls, en
particulier l’armée, qui fonctionne maintenant sans aucun contrôle
civil. Apparemment, le général Mattis, le secrétaire d’État à la
Défense, a décidé de lui même d’envoyer 8 000 autres soldats américains
en Afghanistan pour faire avancer les choses dans cette 16e
année de la guerre. Ou a-t-il réussi à convaincre le président Trump de
lâcher trois secondes son compte Twitter pour lui expliquer la situation
et obtenir un signe d’approbation ?
Peut-être que vous n’avez pas remarqué la nouvelle au cours du
week-end, que la coalition d’avions de combat dirigée par les États-Unis
a abattu un avion syrien dans l’espace aérien syrien. À une époque
antérieure, cela pourrait facilement être interprété comme un acte de
guerre. Qui a donné l’ordre pour cela, il faut se le demander. Et
quelles en seront les conséquences ? Les personnes raisonnables
pourraient également se demander : n’avons-nous pas déjà provoqué
suffisamment de malheur dans cette partie du monde ?
Avec l’armée américaine tournant au gang de voyous sur des terres
étrangères, et la communauté du renseignement sortie-de-sa-réserve à la
maison, et la Maison Blanche de Trump engoncée dans les sables mouvants
du RussiaGate, et la Chambre et le Sénat perdus dans cette mêlée, vous
devez également vous demander ce que quelqu’un va faire à propos de la
faillite technique imminente des États-Unis. En effet, le Département du
Trésor dépense son fonds de réserve restant qui baisse dangereusement
pour payer les dépenses courantes – tout, des subventions agricoles à
Medicare. Ce puits sera à sec au milieu de l’été, et sans résolution du
débat sur le plafond de la dette, le pays ne pourra pas emprunter plus
pour prétendre qu’il est solvable.
Je ne vois aucune indication que la Chambre et le Sénat peuvent se
lancer sur cette voie. Au lieu de cela, la situation entraînera de
nouveaux actes extraordinaires de fraude financière par l’intermédiaire
des banques centrales et de son cadre d’associés Too-Big-To-Fail.
Dans ce cas, le résultat probable sera une baisse spectaculaire de la
valeur du dollar américain, et peut-être consécutivement, l’effondrement
des marchés boursiers et immobiliers.
Le public peut se moquer de la Syrie, de l’Afghanistan, mais il va
certainement se préoccuper et remarquer que son argent devient sans
valeur. Je doute qu’il se mette a réclamer Hillary Clinton pour qu’elle
soit installée comme premier César américain et réparer tout cela.
James Howard Kunstler
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