vendredi 12 juin 2015

La Tyrannie, ça me gonfle !


Par Brandon Smith – Le 3 juin 2015 – Source : alt-market



La tyrannie n’est pas une condition entièrement définissable. Il existe de nombreuses formes de tyrannie et de nombreux niveaux de contrôle qui existent dans une société donnée à un moment donné. En fait, les formes les plus abjectes de la tyrannie sont souvent les plus subtiles ; les types de tyrannie dans lesquelles les opprimés sont trompés en pensant qu’ils ont le choix, ce qui les rend nécessairement libres. La tyrannie dans son essence même n’est pas toujours la suppression des choix, mais le filtrage de ces choix – l’effacement d’options ne laissant que les choix les plus bénéfiques pour le système et ses contrôleurs.



Le choix peut être entre la liberté et la sécurité, l’opinion individuelle et la cohérence sociale, les principes personnels ou l’indulgence collective, une guerre catastrophique ou un désastre provoqué par la complaisance [accords de Munich, NdT], le terrorisme ou la surveillance, la manipulation économique ou l’Armageddon financier. Nous sommes confrontés à ces prétendus choix tous les jours et ils sont sur le point de devenir encore plus qu’un fléau dans nos vies ordinaires. Mais ces options qui ne représentent pas la réalité sont souvent pré-fabriquées. Nous sommes amenés à croire qu’un seul chemin est possible ; qu’il n’y a aucun choix honorable, seul le moindre de deux maux. Je rejette ces faux choix et le moindre des deux maux. Je préfère créer mes propres options.

Au-delà de l’intérêt réside la motivation ; et la tyrannie commence là où les meilleures intentions finissent. Chaque action despotique du gouvernement et des collectivistes aujourd’hui, à partir de la NDAA, ou National Defense Authorization Act de John Warner, la surveillance électronique de masse, les drones dans nos cieux, de la rectitude politique aux tirades des guerriers de la justice sociale ; toutes rationalisées par de nobles intentions. La plupart des tyrans ne sont pas des dictateurs de haut niveau, mais des PDG de multinationales corrompus, ou des demi-dieux auto-proclamés, politiquement obsédés par des aspirations à l’Empire. En fait, les tyrans peuvent être trouvés tout autour de vous tous les jours, chez les amis, la famille et les millions de personnes que vous n’avez jamais rencontrées ou dont vous n’avez jamais entendu parler de votre vie. Alors que les élites au sommet de la pyramide sont à l’origine de la plupart des changements tyranniques, ce sont les petits esprits des mini-tyrans planant autour de vous comme des moustiques avides de sang, dans un centre commercial, au bar, à la maison et au bureau, qui font des desseins des étatistes une réalité possible.

Ils ne participent pas toujours directement à la construction de la cage. Ils ont juste l’habitude de ne rien faire pendant qu’elle est construite autour de nous. Certains d’entre eux aiment la cage, et la voient comme une sorte d’affirmation de leurs propres idéaux tordus.

La tyrannie est la plupart du temps l’imposition forcée de principes contraires dans l’espace sacré de l’individu. Cela revient à dire que les gens créent la tyrannie quand ils adoptent ou soutiennent la projection de leurs croyances et désirs sur ceux qui veulent seulement qu’on les laisse tranquilles. La tyrannie n’est que très peu un contrôle physique et beaucoup plus un contrôle psychologique. Les menaces physiques ne sont qu’une des clés de la porte de l’esprit. Et c’est en cela que réside le grand tour de passe-passe. Trop d’ignorants croient que la tyrannie nécessite des bottes, des brassards et des camps de concentration pour être réelle. En fait, la tyrannie commence avec une seule voix d’auto-censure par crainte de désapprobation collective et/ou de représailles sociales et juridiques.

La vraie tyrannie est née dans la ruche putride d’une pensée de groupe, où les paresseux et les incompétents trouvent refuge dans le confort douillet de l’idiotie intellectuelle. Les étatistes utilisent le mensonge de la majorité abstraite et la force du gouvernement pour empiéter sur les idéaux privés de ceux ayant des vues opposées. En fin de compte, il ne suffit pas pour eux d’exiger de vous votre silence – finalement, ils vont aussi demander votre conversion à leur foi, à leur collectif.
Fondamentalement, vos droits finissent là où commencent leurs désirs.
Vos pensées et vos idées sont soumises à approbation. Elles ne sont pas les vôtres dans un système collectiviste. Voici ce qu’est une réelle tyrannie.

L’esclavage réel n’est pas possible, à moins que l’esclave ne l’ait accepté ou qu’il ait même l’amour de sa servitude. Les conditions de la structure d’asservissement, des restrictions, des permissions sont souvent ancrées dans les esprits des serfs en devenir jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus comprendre le monde sans ces choses arbitraires. Agir en dehors de la zone autorisée n’est même plus considéré. Les règles sont tout simplement les règles, même si la plupart des gens ont oublié pourquoi ou comment. Les partisans les plus crédules de la cohésion sociale prétendent parfois que la dichotomie entre l’individuel et le collectif est fausse. C’est une absurdité totale. Si un collectif ne s’est pas créé volontairement, alors il est de par sa nature contre la santé et les droits de l’individu, ce qui explique pourquoi je cherche toujours à faire la distinction entre la communauté et le collectivisme. Le collectivisme est entièrement destructeur pour l’individu parce que les systèmes collectivistes ne peuvent pas survivre sans supprimer la pensée et l’action individuelle. Le modus operandi d’un collectif est d’effacer l’indépendance de telle sorte que la ruche puisse fonctionner. Quiconque affirme que l’individualisme et le collectivisme sont complémentaires est soit un menteur, soit un niais au plus haut degré.

Les constructions fantasmatiques de l’organisation sociale sont utilisées pour s’auto-justifier comme allant de soi. Les étatistes adorent l’argument de la société pour le bien de la société. Nous sommes nés dans ce Système que nous le voulions ou non, disent-ils. Nous bénéficions du Système et donc nous sommes redevables au Système, prétendent-ils. Le Système est la mère et le père. Le Système fournit tout cela parce que nous fournissons tous pour le Système. Sans ce Système, nous ne sommes rien.
Le piège habile du collectivisme est qu’il présente la participation des individus comme un impératif de survie pour le groupe. Une personne n’est certainement pas autorisée à travailler contre l’avancement du groupe, même si ce groupe est moralement répréhensible dans ces objectifs. Toutefois, le collectivisme totalitaire du socialisme au fascisme ou au communisme ne permet même pas aux gens de refuser de participer. Vous n’êtes pas autorisé à sortir du collectif parce que si vous le faites, vous pourriez entraver la performance globale du collectif. Un engrenage dans une machine ne peut pas être autorisé à simplement se lever et quitter cette machine, ou tout tombe en morceaux. Vous voyez comment ça fonctionne …?

Les gens tombent dans des comportements tyranniques au travers ce que Carl Jung appelle l’ombre personnelle : les désirs les plus affreux de notre inconscient qui dégénèrent en philosophie du relativisme moral. Une évidence de la vie sur lequel vous pouvez toujours compter est la suivante : tous les gens veulent des choses. Le genre de choses et le niveau du besoin déterminent leur volonté de faire le mal. Je ne parle pas seulement de l’argent et de la richesse. Certaines personnes veulent la sécurité sans entraves ou irréaliste, certaines personnes veulent la gloire, certaines personnes veulent être adorées, certaines personnes veulent votre soumission, certaines personnes veulent éviter toute responsabilité, certaines personnes veulent une enfance perpétuelle, certaines personnes veulent la gloire sans vergogne, et certaines personnes veulent que leur vision du monde soit imprimée sur toute autre personne jusqu’à ce que tout soit uniforme, épuré, homogénéisé, sauvegardé.

Les besoins des personnes peuvent être exploités, manipulés et dirigés vers des extrémités inquiétantes, et les élites savent très bien comment faire cela. Les gens qui sont les plus difficiles à dominer sont ceux qui disciplinent leurs désirs et gardent donc le contrôle sur leur crainte de ne pas satisfaire ces désirs. Ce sont les hommes et les femmes qui font échouer l’establishment.

Dans ma vie, j’ai rencontré beaucoup de gens qui ne peuvent pas mettre de côté leurs désirs immédiats, même si leur comportement se traduit par la misère éventuellement pour eux-mêmes et tous les autres.
  • Des gens qui ne peuvent pas équilibrer la poursuite de la richesse et un niveau raisonnable de charité
  • Des gens qui ne peuvent pas participer à un effort sans essayer de coopter ou de contrôler cette entreprise
  • Des gens qui marginalisent les talents des autres quand ils pourraient nourrir ces talents
  • Des gens qui se moquent ou critiquent superficiellement les réalisations valides des autres plutôt que de les applaudir
  • Des gens qui voient les autres comme des concurrents plutôt que des alliés pour une tâche plus grande
  • Des gens qui fabriquent des tabous afin de porter la honte sur les autres et les soumettre plutôt que de compter sur des arguments rationnels.
Ce sont des faiblesses de ce genre qui causent de petites formes de tyrannie et ces microcosmes de despotisme qui aboutissent souvent à un plus large esclavage. C’est par l’ombre personnelle que nous tombons victime de l’ombre collective, le lieu où résident les démons.

La tyrannie est un environnement dans lequel le pire en nous est alimenté par la caféine et la cocaïne, et autorisé à devenir sauvage tout en prétendant être un modèle fondamental d’efficience. C’est un lieu où les gens vils sont plus susceptibles de réussir.

Franchement, je suis un peu fatigué de ceux qui se considèrent comme des défenseurs sociaux, ouvertement concernés par ce que nous, les individus, pensons ou ressentons ou faisons. Nous ne leur devons pas d’explications et nous n’avons certainement jamais accepté de faire partie de leurs clans ridicules du monde universitaire et de leur presse grand public. Je n’ai aucune patience pour ces gens qui ont l’audace de penser qu’ils peuvent modeler le reste d’entre nous par leur idéologie intrusive. Est-ce votre objectif que de me forcer à adopter votre philosophie collectiviste parce que vous êtes trop partial ou trop sociopathe pour me proposer des arguments qui me convaincraient de vous rejoindre volontairement ? Alors, je crains qu’un jour je vais probablement réagir en vous tirant dessus. Est-ce que je prône la violence ? En fait, l’establishment et ses cheerleaders [supporters] étatistes préconisent la violence par leur piétinement de la liberté individuelle, mais laissez-moi répondre directement.

Oui, je crois que la violence est souvent la seule réponse contre ces tyrans, historiquement et pratiquement. Nous avons le droit d’être laissés seuls, ils n’ont aucun droit pour leur étatisme agressif, et nous avons le droit de nous défendre.

Je suis fatigué de ces constructions sociales oppressives qui minent notre plus grand potentiel. Je suis fatigué de ces hypothèses. Les hypothèses et les mensonges alimentent tous les aspects de notre monde d’aujourd’hui, et ça se terminera seulement en catastrophe totale. Je suis fatigué de la tolérance pour les comportements oppressifs ; de la tolérance pour la corruption et la criminalité qui ne conduit qu’à l’auto-entretenir. Je suis fatigué de faire des compromis. Je suis fatigué de me faire répéter qu’une attitude discriminatoire est une mauvaise chose, et que l’acceptation totale est en quelque sorte la condition pour être illuminé. Je suis fatigué de ces gens qui pensent que plaisanter est une meilleure méthode pour lutter contre la stupidité qu’une bonne claque derrière la tête. En d’autres termes, il est temps de frapper certaines personnes derrière la tête ; qu’ils soient amis, famille, voisins, quiconque. Les jours de la diplomatie ne sont plus. Notre monde est en train de changer. Et à partir de maintenant, il y aura des gens qui vont faire le bien de façon tangible et volontaire (les gens qui comptent), les spectateurs passifs, et les gens qui se dresseront sur le chemin des gens qui font le bien tangible et volontaire.

Mon conseil ? Ne pas faire partie de ce dernier groupe. Les faiseurs, les penseurs, les producteurs, les constructeurs, les gens qui font par eux-même et sont auto-suffisants – il faut tout entreprendre pour défaire les dommages de la tyrannie, mais cela ne signifie pas que nous allons continuer à être agréables quand des groupies totalitaires essaieront de nous arrêter.

Brandon Smith

Note du Saker Francophone
Le 9/11 restera comme l’instant symbolique du grand choix. Georges Bush Jr a été finalement très clair : vous êtes avec nous ou vous êtes contre nous. Et si vous n’êtes pas avec nous, alors vous êtes contre nous. Il n’y a pas de zone démilitarisée dans cette War on Terror, à prendre au sens orwellien. Nous sommes la terreur et nous irons partout la porter pour vous obliger à choisir, vous soumettre au marché, au droit, au salariat, aux multinationales ou mourir. Les tensions qui s’accumulent partout ne sont que la résultante de ce choix. La résistance de chacun accroît la tension avec l’oligarchie mondiale qui n’est forte que de l’acceptation implicite de beaucoup par une fausse neutralité qui vaut acception et soumission. A nous de réveiller nos proches, et ce n’est pas facile.

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