samedi 11 janvier 2020

L’Amérique de 2020 à 2040…

Article original de Chris Hamilton, publié le 16 octobre 2019 sur le site Econimica
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

L’ère des 80 ans et plus



Résumé
  • De 2020 à 2040, la population américaine âgée de plus de 20 ans devrait croître de 15 millions de personnes, moins qu’au cours des 20 dernières années.
  • De cette croissance, 48 % se situera chez les 80 ans et plus, 28 % chez les 70 à 80 ans et seulement 28 % chez les 20 à 70 ans.
  • L’implication pour l’emploi dans le futur est un ralentissement drastique de 70% de la croissance potentielle de l’emploi au cours des deux prochaines décennies.



Dans un pays avec un double déficit commercial et budgétaire, le moyen le plus simple d’évaluer la croissance potentielle est d’évaluer la croissance de la population de consommateurs. Le graphique ci-dessus détaille l’évolution de la situation démographique aux États-Unis. Selon les estimations de l’ONU et du recensement, entre 2020 et 2040, il y aura peu ou pas de croissance de la population des jeunes (0-20 ans, ligne verte), comme je l’ai récemment détaillé dans mon article « Jusqu’à quel point les naissances américaines vont-elles baisser ?« . Pendant ce temps, le nombre de personnes en âge de procréer qui travaillent encore, âgés de 40 à 70 ans (ligne grise), augmentera mais ce sont les personnes très âgés, de 70 à 80 ans (ligne jaune), et en particulier les plus de 80 ans (ligne rouge), qui connaîtront les plus fortes augmentations. Et alors ?

En divisant la croissance ci-dessus en périodes de vingt ans par tranches d’âge et en regroupant les 20 à 70 ans en un seul groupe, ci-dessous, vous pouvez voir comment les vingt prochaines années ne ressemblent en rien à ce que les États-Unis ont jamais connu auparavant. La population âgée de 70 ans et plus augmentera de 24 millions de personnes, contre seulement 9 millions pour la population active âgée de 20 à 70 ans. Toutefois, même chez les personnes âgées, la plus grande partie de la croissance se situera chez les personnes âgées de 80 ans et plus, ce qui représente près de 50 % de la croissance démographique totale au cours des deux prochaines décennies.



Pourquoi est-ce que je parle de ça ?  Il se trouve que j’ai vu ce CLOWN sur CNBC hier en train de dire n’importe quoi. Le titre était le suivant : « Les Millennials sont sur le point de déclencher un important « point de basculement » pour l’économie américaine, selon un gestionnaire d’actifs ». M. Smead a suggéré que si vous « faites le calcul »… les millennials sont sur le point de secouer l’économie américaine et… « Dans 20 ans, il y aura beaucoup plus de cotisants dans le système de sécurité sociale et il y aura beaucoup moins de ponctionneurs – et ce problème sera résolu par les données démographiques ». Apparemment, M. Smead n’avait pas fait le calcul. Cependant, CNBC n’a pas semblé gêné de diffuser ses déclarations ignorantes et à colporter ses idées fausses sur la base de déclarations totalement erronées. Hmmmm.

Pourquoi cette question est-elle importante ?

Chaque groupe d’âge a un taux général de participation à la population active (détaillé par le BLS), formant une courbe en cloche, à partir d’une faible participation chez les 15-24 ans, d’une participation maximale chez les 35-44 ans et d’une forte baisse chez les plus de 65 ans. Ainsi, lorsqu’il y a une croissance démographique minimale parmi les populations en âge de travailler, et que les groupes d’âge qui sont majoritairement au travail sont à des sommets historiques en terme d’emploi par rapport à la taille de la population (le graphique ci-dessous présente, pour chaque groupe d’âge, le ratio de la population qui est employée)… et que la majorité de la croissance démographique se fera parmi ceux qui ne travaillent habituellement pas… et bien, nous avons un problème.



Mais les taux de participation des personnes âgées ont augmenté au cours de la dernière décennie (les gens âgés de 65 à 74 ans, passant de 18 % à 27 % puis passant à 32 % d’ici 2028 selon les estimations, et de 5 % à 9 % pour les 75 ans et plus à 12 % d’ici 2028, respectivement). Par conséquent, si nous voulons évaluer la croissance potentielle de l’emploi (« il suffit de faire le calcul »), il s’agit d’un exercice simple. Multipliez la croissance démographique estimée (pas si difficile car, dans ce cas-ci, ils sont déjà en vie et ne font que déplacer les populations existantes vers l’avant) par les groupes d’âge et leurs taux de participation… et la réponse simple est qu’au cours des vingt prochaines années, le nombre maximum de nouveaux employés potentiels sur lequel les États-Unis peuvent compter est d’environ 1/3 de n’importe qu’elle période depuis la Deuxième Guerre mondiale.



Cela signifie, au mieux, qu’au cours des deux prochaines décennies, les États-Unis n’auront qu’un tiers de la croissance potentielle des acheteurs de logements neufs, des acheteurs de voitures, des contribuables, etc. Ni moi, ni cette simple vérité (comme je n’ai rien à vendre ou à acheter) ne sont susceptibles d’être diffusée sur CNBC ou dans tout autre média « info-mercial ». Cette décélération de la croissance explique pourquoi les taux continueront de baisser (parce qu’ils le doivent), la dette plus l’assouplissement quantitatif (et d’autres formes de monétisation pour stimuler artificiellement les prix des actifs) ne feront que s’accroître. Cette substitution sans cesse croissante d’une croissance artificielle centralisée à une croissance organique toujours plus lente n’est « qu’une question de maths » (tout comme la majorité croissante de plus en plus lésée par le résultat, et la minorité décroissante enrichie par cette dernière).
Données démographiques par le biais des projections démographiques du recensement américain et des Perspectives de la population mondiale 2019 de l’ONU, données sur l’emploi par le biais du BLS.

Chris Hamilton

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