samedi 25 janvier 2020

Mise en perspective de la dette fédérale par rapport aux responsables dans le futur

Article original de Chris Hamilton, publié le 26 octobre 2019 sur le site Econimica
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

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Depuis 2007, la dette fédérale américaine a augmenté de 150 % alors que les naissances annuelles (légales et autres) aux États-Unis ont diminué de près de 14 %.  Autrement dit, au cours de la douzaine d’années écoulées depuis 2007, la dette fédérale a augmenté de 13 800 milliards de dollars, tandis que 5,2 millions de naissances de moins que celles prévues par le recensement ont eu lieu au cours de la même période. Cela vaut probablement la peine d’y regarder d’un peu plus près.  À commencer par…



La dette fédérale américaine, répartie entre la dette publique et les IG (Intra-Governmental holdings ; alias Social Security trust fund, etc…)[la dette de l’État vis-à-vis de ses propres agences, NdT]. Il est clair que la dette publique monte en flèche depuis 2007, tandis que la croissance des IG décélère et se transformera en baisse nette (car la Sécurité Sociale devient un vendeur net) au cours de la décennie. Dans un avenir relativement proche, toutes les dettes émises seront négociables et il faudra beaucoup plus de dettes pour payer à la fois le déficit en spirale et la baisse des avoirs des IG.



Ensuite, nous examinons l’émission annuelle de la dette fédérale, en répartissant l’émission annuelle de titres négociables détenus par le public (colonnes rouges) par rapport aux titres des IG (colonnes bleues). Il convient de noter que depuis le 1er août 2019, le Trésor a émis pour 920 milliards de dollars de nouvelles dettes nettes jusqu’au 23 octobre. Le graphique ci-dessous est fondé sur l’hypothèse que le Trésor émettra 160 milliards de dollars de plus au cours des deux derniers mois et jusqu’à la fin d’octobre (avec une émission nette de 1 100 milliards de dollars pour l’année civile 2019).



Comme la dette est une obligation dont le remboursement ou le service doit être assuré dans l’avenir, je vais mettre cela en contexte avec la dette fédérale continuellement divisée par le futur, soit la quantité de naissances annuelles. Ci-dessous, les naissances annuelles de 1950 à 2019 (colonnes bleues) par rapport à la dette fédérale jusqu’en 2019 (ligne rouge).  Oui, je fais un grand saut pour noter que les naissances continueront à baisser en 2019… comme elles ont baissé à un taux accéléré jusqu’au 1er trimestre de 2019, comme l’a noté le CDC.



Si on divise la dette fédérale par le total des naissances annuelles, de 1946 à 1975, on obtient le graphique ci-dessous. En 1946, au sortir d’une guerre mondiale où la dette atteignait des niveaux records, chaque enfant né avait une dette fédérale future de 100 000 $. En 1957, les naissances avaient augmenté et la dette fédérale avait diminué, ce qui signifie que cette responsabilité par enfant né avait diminué de près de 40 % pour s’établir à seulement 63 000 $. Ce n’est qu’en 1970 que la dette fédérale par enfant né serait revenue à son niveau le plus élevé de 1946. Mais il n’y aurait pas de retour en arrière après l’abandon en 1971 de Bretton Woods et du lien dollar/or.



La génération actuelle (les baby-boomers) a conclu une entente avec la génération passée pour vendre la génération future, les Millennials. Cela se voit dans le tableau ci-dessous, qui montre la dette à laquelle chaque enfant est tenu à la naissance. De 100 000 $ en 1970, à 300 000 $ en 1980, à 800 000 $ en 1990, à 2,1 millions de dollars en 2007… et à partir de 2019, chaque enfant né citoyen américain (quel que soit le statut de ses parents) est responsable d’une dette fédérale d’un montant ridicule de 6,2 millions de dollars. Et ce n’est qu’une fraction de la dette réelle qui est due, si l’on incluait les dettes non financées qui augmentent encore plus rapidement.



Je le répète, depuis 2007, le nombre total de naissances a diminué de près de 14 %, alors que la dette fédérale a augmenté de 150 %. Mais nous continuons d’accumuler une dette exponentielle sur une population future en déclin et nous nous moquons de ceux qui remettent en question la moralité d’une telle obligation ? Et la croissance de la population américaine en âge de procréer décélère rapidement alors que les taux de fertilité en chute libre submergent la population en âge de procréer. Traduction, la dette fédérale continuera à monter en flèche alors que les naissances actuelles et futures continueront probablement à chuter.

Bien sûr, les États-Unis ne pourront jamais rembourser cette dette croissante, même avec une population jeune en augmentation… sans parler d’une population jeune en déclin. Mais c’est le « service » de la dette croissante qui détruit les générations des Millennials et les générations suivantes. Le ZIRP, le QE, etc. poussent effectivement les prix des actifs à la hausse, avec l’explosion record des loyers, des frais de garderie, d’assurances, de dettes d’études, etc. etc. qui augmentent beaucoup plus rapidement que le revenu des jeunes adultes.

Ces politiques de la Réserve Fédérale qui favorisent l’appréciation des actifs profitent principalement aux détenteurs d’actifs, aux entreprises et aux personnes très endettées (gouvernement fédéral). Comme détaillé ici, la population des 70 ans et plus représentera un taux de croissance sans précédent, 75 % de la croissance de la population américaine, au cours des deux prochaines décennies. Ces politiques destinées à « donner un coup de pied dans la boîte de conserve sur le chemin des générations » continuent d’étouffer les jeunes adultes pauvres en actifs et de restreindre la production de nouveaux-nés. Le résultat de l’accélération de la dette par le biais de taux perpétuellement plus bas (à zéro et en dessous)… est l’effondrement des taux de natalité qui en résulte et plus la Fed et les banques centrales prescriront encore plus de ce qui rend le patient malade, pire sera la situation.

Chris Hamilton

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