dimanche 14 février 2021

Envisager un gonflement de la population âgée à risque et une pandémie

Article original de Chris Hamilton, publié le 24 janvier 2021 sur le site Econimica
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

L’histoire du jour est assez simple. La maladie de la Covid-19 est principalement une maladie de personnes âgées et cette population âgée « à risque » est en train de grossir à vue d’œil, de sorte que les coronavirus (ou des maladies similaires qui n’auraient même pas été qualifiées de pandémies auparavant)… trouvent un terrain fertile parmi les populations âgées en forte augmentation.

Avec près de 96% des décès liés à la Covid-19 aux États-Unis parmi la population des plus de 50 ans, malgré la majorité (65%) des cas parmi la population des moins de 50 ans, il devrait être évident que cette maladie est un risque plus élevé pour les personnes âgées que pour les jeunes.

Selon le Covid Data Tracker du CDC, la mortalité chez les patients de moins de 50 ans atteints de la Covid-19 est rare. Sur près de 12 millions de cas chez les moins de 50 ans, près de 13 000 ont entraîné un décès (moins de 2 000 décès sur les plus de 6 millions de cas chez les moins de 30 ans). Cela représente un taux de mortalité de 0,11 % chez les moins de 50 ans. Par ailleurs, les 6,4 millions de cas de Covid-19 chez les plus de 50 ans ont entraîné près de 280 000 décès, soit un taux de mortalité de 4,57 % (oui, les données des CDC diffèrent des autres sources en ce qui concerne le nombre total de cas, de décès… mais la répartition démographique de ces décès par les CDC est la partie critique… soyez patients).

Ci-dessous, je présente les taux de mortalité par groupes d’âge. Là encore, plus les personnes infectées sont âgées, plus le risque de mortalité est élevé, alors que, dans l’ensemble, le système immunitaire des moins de 50 ans est statistiquement presque toujours à la hauteur de la tache.

La grande question dont nous devrions discuter est le gonflement des populations les plus à risque au cours de la dernière décennie et qui se poursuivra au cours des deux prochaines décennies. Selon « Perspectives de la population mondiale 2019 » des Nations unies, la population américaine de plus de 65 ans est en pleine croissance… et les taux de croissance les plus élevés se déplaceront vers les segments les plus âgés de la population, à savoir les 75-85 ans et les 85 ans et plus. Ces populations vont doubler au cours des deux prochaines décennies et des taux de mortalité nettement plus élevés seront observés de ce fait. Même un agent grippal assez virulent ou un agent « pandémique » léger au sein de cette population aura probablement des résultats de type pandémique.

Mais nous vivons dans un monde vaste et interconnecté. Je me concentre donc sur la moitié relativement riche du monde (ceux qui vivent dans des pays dont le revenu national brut est supérieur à 4 000 dollars par habitant… ou dont le revenu moyen par habitant est d’environ 12 000 dollars… données de la Banque mondiale). La population des moins de 50 ans, parmi les personnes à faible risque de contracter une maladie de type Covid-19 (ou des maladies connexes), a entamé un déclin séculaire (ligne verte) qui saute aux yeux. La croissance démographique dans cette moitié du monde (y compris les États-Unis/Canada, l’UE, le Japon, l’Autriche/Nouvelle-Zélande, la Chine, le Brésil, la Russie, le Mexique, l’Indonésie, la Colombie, la Thaïlande, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, etc…) a maintenant basculé vers la vieillesse. Cette diminution de la population des moins de 50 ans tient compte des taux d’immigration actuels. Si l’immigration ralentit, le déclin de la population de moins de 50 ans des pays consommateurs les plus riches sera nettement plus rapide.

Si l’on se concentre sur les populations âgées des nations les plus riches, ce sont, là encore, les segments les plus à risque qui connaîtront les plus fortes augmentations de taille. Ainsi, même les maladies normales auront des taux de mortalité nettement plus élevés que ceux observés précédemment. Même une nouvelle variante de la grippe ou un nouveau virus comme celui de la Covid-19 (ou ses mutations) trouvera des multitudes de personnes âgées à risque avec une forte probabilité de taux de mortalité anormalement élevés.

Si l’on considère l’évolution de la population par groupes d’âge sur des périodes de 20 ans, la période actuelle de 2020 à 2040 apparaît comme quelque chose que nous n’avons jamais vu. Un effondrement des populations à faible risque et une explosion de celles à haut risque. Cela doit être pris en compte dans la réflexion sur ce qu’est une pandémie et les réponses appropriées.

Compte tenu de ces données démographiques, la grande question devrait être la suivante : le grand nombre de décès parmi les personnes âgées vulnérables est-il vraiment une pandémie ? Une raison suffisante pour fermer les économies, les écoles, enfermer les jeunes dans des quantités de dettes non remboursables ? Existe-t-il d’autres moyens de protéger les personnes âgées tout en permettant à la majorité du monde de rester ouvert ? Le virus de la Covid est-il un « virus » ponctuel ou un « début de virus » qui est bénin pour la population en général mais qui fera des ravages parmi les personnes âgées ? Les confinements en cours et les augmentations massives de la dette constituent-elles la réponse appropriée à ce qui est probablement un problème à long terme ? Il faut espérer que cela donne matière à réflexion.

Chris Hamilton

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