jeudi 21 juillet 2016

Brexit et la montée de l’Allemagne – Les juifs doivent-ils s’inquiéter?

Article original de Atul Bhardwaj, publié le 12 Juillet 2016 sur le site Oriental Review 
Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr

Brexit and the German Rise – Should Jews worry? 

Le frêle esquif de la politique britannique actuelle n'inspire aucun espoir chez les Britanniques, surtout depuis que le voyage symbolique intervient dans la crise économique qui vient et dont les vagues menaçantes secouent aussi le navire amiral américain.

C’était la conclusion de Mikhail Afonin dans le journal Izvestiya du 31 août 1949. L’article intitulé Sur un frêle esquif – vers Washington commentait le battage médiatique associé à la traversée de l’Atlantique par deux Anglais – Bevin et Cripps – sur un bateau de 25 pieds pour assister à la Conférence de Washington du 7 Septembre 1949. Les pourparlers Acheson-Bevin à Washington ont abordé des questions allant de la vengeance britannique à Damas à la reconnaissance de la Chine communiste. Plus important encore, Acheson a convaincu la Grande-Bretagne de guider l’unité européenne et d’empêcher l’Allemagne de glisser dans l’orbite soviétique.


En 1949, l’économie britannique était dans une situation désespérée. Grosvenor Square, le quartier général de la soi-disant Mission spéciale pour le Plan Marshall était occupé par des monopoles américains et des stars and stripes ondulés [le drapeau américain, NdT] flottaient au-dessus de la plupart des maisons. Depuis ce Little Washington, comme les Yankees le surnommèrent malicieusement, 1200 responsables américains expérimentés et environ 12 000 soldats ont contrôlé la Grande-Bretagne et une partie considérable de son empire.

La question actuelle est de savoir pourquoi l’Amérique permettrait à son caniche de saper les fondations d’après-guerre avec ce référendum du Brexit. Il est difficile de croire que David Cameron n’ait pas cherché le feu vert de l’Oncle Sam avant de commander ce référendum. Il est tout aussi téméraire de supposer qu’une Grande-Bretagne divisée et une UE fragmentée ne soit pas dans l’intérêt américain.

Garder l’Allemagne dans le giron américain reste l’objectif de Washington. Le seul changement est que le rôle britannique dans la stratégie a changé. Les Yankees ne trouvent plus les Britanniques assez entreprenants pour servir leurs intérêts dans l’UE. Si on retient une seule règle des lois de la domination britannique – diviser pour régner – alors l’Amérique aussi laisse derrière elle une Grande-Bretagne divisée. Ce qui n’a pas pu être atteint par le référendum écossais a été réalisé par le vote sur le Brexit. Tout d’abord, les Américains ont viré le Grand du nom de la Grande-Bretagne en démantelant son empire en Asie et au Moyen-Orient. Et maintenant, les Américains vont allègrement la voir se rétrécir en Little England. Cela ne fait pas nécessairement de la Grande-Bretagne un paria dans l’ordre des choses  américain. La Royal Navy pourrait bien être sa déléguée en Asie pour gérer le pivot étasunien. Après tout, c’est en Asie que les Britanniques ont amassé leur fortune et peut-être est-ce là que les Anglais vont se refaire la cerise.

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Si on on revient à l’énigme germano-américaine, on se demande qui est le moteur de cette alliance. Est-ce que l’Amérique fait de l’Allemagne son nouveau caniche ou est-ce que les Allemands progressent lentement pour remplacer le lobby juif en tant que guide des États-Unis? [L’auteur fait référence aux spéculations sur la relation USA-Israël. Est-ce le lobby juif qui tient Washington − quand on voit Netanyaou se faire applaudir au Congrès − ou Israël n’est-il que le porte-avion des USA au Moyen-Orient, et en cours de largage qui plus est ?, NdT]. Selon Philip Oltermann, « les Américains allemands constituent le plus grand groupe ethnique aux États-Unis, si vous divisez les Hispaniques en Américains mexicains, en Américains cubains, etc. Dans l’enquête 2013 de l’American Community, 46 millions d’Américains revendiquent une ascendance allemande : plus que ceux dont les racines sont en Irlande (33 millions) ou en Angleterre (25 millions) ».

Les Allemands tentent de faire de leur mieux pour se faire aimer des Américains. L’Allemagne a décidé d’abandonner complètement l’énergie nucléaire et est susceptible de fermer toutes ses centrales d’ici 2022.
Le gouvernement allemand a remis ses systèmes d’information et sa sécurité informatique entièrement entre les mains d’une société militaire privée américaine, Computer Sciences Corporation (CSC). La CSC est aussi le service informatique pour la totalité de l’infrastructure du renseignement des États-Unis.

Le désir de la chancelière Angela Merkel de faire la cour aux Américains à tout prix explique aussi le froid actuel dans le comportement allemand envers la Russie. Les dénégations allemandes sur le viol de la jeune fille russo-allemande à Berlin ; les attaques sur la politique de cyber-sécurité du président Poutine  et leur attitude sur la question ukrainienne, tout cela va dans le sens d’Allemands qui veulent être dans les bons papiers américains.

Ce à quoi on assiste est une lutte de pouvoir intense au sein du monde transatlantique. Les Allemands font des mouvements audacieux pour courtiser l’Amérique. La Grande-Bretagne est la première à tomber, le lobby juif en Amérique est susceptible d’être le prochain à partir!

Atul Bhardwaj est un ancien officier de la marine indienne.

 
Note du traducteur 

Le titre est volontairement provocateur et on peut douter de la perte d'influence du lobby juif, dont notamment l'AIPAC. Mais l'argumentaire sur l'Angleterre est intéressant surtout venant d'un insider du Commonwealth. Pour les regards enflammés de l'Allemagne pour séduire l'Amérique, cela reste à démontrer, car les Allemands préparent aussi le North Stream II par exemple et semblent plutôt laisser habilement les deux fers au feu. Mais l'utilisation d'une diaspora surtout en ces temps de repli identitaire n'est pas à négliger. Les Ukrainiens ont par exemple beaucoup utilisé ce facteur pour faire avancer leur point de vue aux USA ou au Canada.

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